J'ai versé tous les sanglots dans la Mer du Nord
J'ai rêvé New-York, Paris et Götegorg,
La neige en plein juillet aux abords des grands lacs
Le soleil pleure ses reflets en août au fond des flaques.

J'ai cueilli un tison dans le ciel de septembre
Tapissé de pétales de roses les murs de ma chambre
Navigué sereinement dans les calles de mes nuits
Regardé les fleurs s'ouvrir sous le soleil de minuit.

Entendu les battements fragiles de tes ailes
Ephémère paon du jour, tu t'ennuies bien loin d'elle
Tu la vois, l'imagines se poser sur ton épaule
Le temps érode les coeurs et inverse les rôles.

Grisé par l'envie de guérir tes blessures
Tu espères cette clé, dont elle seule connaît la tournure
Tu envoies une mouette lui chatouiller le nez
De sa plume douillette elle réveille le secret.

Matinale elle parcourt les chemins des alentours
Elle récolte, elle bine, dans son jardin d'amour
Elles sarcle,elle enferme les graines recueillies
Dans un petit coffret, un souvenir de Paris.

La semence de l'été arrosée de ses pleurs
Apporte la joie innocente à ton coeur
Tu l'invites timidement à se loger dans tes terres
Les racines sont profondes dans les forêts de tes pères.

Il te faudra longtemps, petite graine dans le vent
Pour grandir, petite Eve, petite soeur du soleil levant
La nature, ta Mère t'a donné un grand frère
Pour te nourrir chaque jour de sa magique "power".

Fleur d'âme, petite femme, petite Lucie rêvée
Eclaire notre vie de ton ultime chandelle
Innonde les rivières des eaux des névés
Et plonge nos corps dans leur baptême originel.

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