Plaidoyer pour une langue vivante

 

Comment vous dire que je suis triste...

Au fond de moi, s'en est allée l'envie de vivre et d'exister
Au cœur d'un bois sombre et feuillu aux grandes branches,
Me suis perdue.
Quand un beau soir j'ai décidé de m'exiler loin des forêts
Aux grands sapins, parce qu'un beau cœur

M'a appelée.

Au fond de nous s'est retirée la mer immense.
Et ses galets nous chantent encore ce vieux refrain
Des jours d'été aux orangers.
Comment vous dire que la nuit tombe
Un peu trop vite dans ma vie d'ombres
Et que la femme qui vit en moi
Ne cherche plus.

Pour qui ? Pour quoi ?

J'ai pensé faire d'un cœur de pierre
Un lit de mousse où la rivière de mots d'enfants
se perd un peu,
mais pas autant...
Me suis trompée.

Là où ma langue écorchée vive
S'étonne encore de sa trouvaille
Aujourd'hui pleure les grands sommets
Et au lavoir, les yeux fermés
La porte close sur les regrets,
Ma sœur, ma mère, mon père,
Vous me manquez.

Si vous saviez !

Je n'en peux plus de ces méandres,
De cette cloche qui ne bat plus
De ce vieux tas de croches doubles
Qui sonne en moi d'un ton confus.

Que dire de plus de tous ces sages
Peuplant mes rues, criant messages
D'une fin très proche : vous m'avez eue !
Je n'y crois plus, ne vous comprends plus!

Was soll das bedeuten?
Ein Märchen aus alten Zeiten?
Nein, die Gegenwart, nichts als die traurige Gegenwart.
Das Einzige und Wahre, an das ich glaube ist Meine Muttersprache
Und dagegen kann Niemand etwas!
Alles um mich kann finster werden, ist mir egal,
Aber meine Sprache leuchtet in mir wie der Vollste Mond...
Gäbe es einen Volleren, so wäre es Meine Fachel:

Die schöne Deutsche Sprache!

Christiane KUHK
17.Juni 2015